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Fraude aux examens nationaux : Devrions-nous couler avec ou lutter pour la survie du système éducatif guinéen !

En République de Guinée, depuis plus d’une décennie, le système éducatif de notre pays, notamment les examens scolaires sont confrontés à d’énormes difficultés et chose qui perdure ce, en dépit des mesures annoncées par les autorités pour freiner ces cas de fraude et de corruption.

Est-ce réellement un manque de volonté de la part des autorités pour mettre un terme à ce fléau ?

Cette interrogation mérite d’être posée car elle vaut son pesant d’or, puis répondons-le par un « oui », puisqu’elle ressort à la fois le caractère immoral et complice de certains cadres du ministère de tutelle, qui toutefois contribuent à l’épanouissement de ces pratiques malsaines, et qui collaborent avec les cartels évoluant dans ce sens.

Sans pourtant oublier ceux du service examen, car quand il y a fuite de sujets, ce sont eux qui sont malheureusement à la base de cette pratique.

Certes, personne ne peut être mise à l’écart, car d’une manière à une autre, tout le monde y est pour quelque chose, en passant par des autorités administratives, des DCE, des DPE, des délégués, des chefs de centre d’examen, ou encore par des parents d’élèves, des fondateurs et promoteurs d’écoles privées, et des candidats eux-mêmes, etc.

Que faire pour tenir tête à ces pratiques qui n’honorent pas notre secteur de l’éducation ?

Il faut tout d’abord une prise de conscience de la part de tous les acteurs du système éducatif guinéen, car aider un candidat à passer en classe supérieure par des moyens illégaux, c’est lui préparer à être un futur rat lorsqu’il sera aux affaires, qui finira par détourner nos derniers publics. Et je vais me permettre d’y insérer la citation du poète grec, Sophocle qui dit, je cite : « mieux vaut échouer avec honneur, que de réussir par la fraude ».

On ne cessera pas de le dire, il faut également de la rigueur et non du favoritisme lors de la sélection de ceux qui sont censés contrôler les candidats dans les salles d’examen, tout en réénumérant bien leurs primes de surveillance.

De surcroît, nous avions constaté amèrement ces dernières années, la partition des nouvelles technologies de l’information et de la communication, en vue d’accroître la fraude aux examens nationaux, à travers l’utilisation massive des smartphones dans les salles d’examen et la création des groupes de traités des sujets sur les plateformes (WhatsApp, Messenger…). De ce fait, cela nous ramène à dire que, s’il faut brouiller les réseaux sociaux pendant le déroulement desdits examens.

Par ailleurs, il faut qu’il y ait des sanctions à l’endroit des fraudeurs, lorsqu’ils seront pris main dans le sac qu’ils soient candidats, surveillants, délégués ou encore chefs de centre d’examen.

À quelles sanctions s’expose un candidat reconnu coupable de fraude ou de tentative de fraude ?

D’après les dispositions du Code pénal guinéen en vigueur, dans sa section une et en ses articles 686, 687 et 688, la tentative du délit et le délit lui-même sont punis de la même peine, 1 mois à 3 ans d’emprisonnement et à une amende de 500.000 à 2.500.000 GNF ou l’une de ces deux peines seulement.

Hormis cette sanction pénale, il y a aussi celle disciplinaire, où le candidat fraudeur se voit éliminé sur-le-champ et renvoyé du centre d’examen.

Après tout ce qui précède, vu l’affluence de ces pratiques nuisibles pour le secteur de l’éducation, si on se base sur cette phrase « qui se ressemble s’assemble », pouvons-nous dire sans langue de bois que ce secteur est à l’image de notre administration.

 

 

Par Gilbert TOUNKARA,

Étudiant et secrétaire chargé à l’information et à la communication de l’ONG A-SEG

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