Kassory Fofana, le symbole d’une élite en faillite en Guinée

C’est indéniable que la situation chaotique que traverse la République de Guinée depuis quelques années est la conséquence d’une mauvaise gouvernance, caractérisée par la déliquescence des intellectuels du pays.  Ce petit pays d’Afrique de l’ouest de 12 millions d’habitants est plongé dans une lèpre de violences, de répression meurtrière, d’arrestations arbitraires ainsi que de la confiscation des libertés d’expression et de la presse.
La gestion des affaires publiques présente un tableau sombre aux yeux de l’opinion. Ce phénomène qui ensorcèle les citoyens a connu une addition du fameux projet de changement constitutionnel, ou le troisième mandat pour l’actuel président guinéen Alpha Condé. Ce qui amplifie davantage la colère des différentes couches du pays.
Ce dernier concept fait l’objet d’une véritable contestation, d’ou la naissance du front national pour défense de la constitution (FNDC). Cette coalition qui regroupe acteurs de la société civile, partis politiques et syndicats paralyse le pays depuis plus d’un mois par de vives manifestations. Face à cette montée exponentielle d’opposition du projet dans les rues du pays, le régime de Conakry, en tentant de dissuader les protestataires, ordonne ses agents de forces de sécurité à se livrer aux massacres, dont le bilan fait état d’une vingtaine de jeunes tués par balles réelles.
Un drame, qui démontre la trouille d’un pouvoir à l’agonie. Malgré ces tueries à outrance, aucun intellectuel du pays n’a levé le petit doigt pour rappeler l’État à l’ordre. Et aucun intellectuel également ou fonctionnaire , collaborateur ou travailleur du pouvoir n’a haussé le ton face à ce crime bien orchestré. C’est qui est hallucinant davantage, est qu’aucun ministre n’a jeté l’éponge. Pour l’instant, les dénonciations se limitent aux journalistes, à l’écrivain Tierno Monembo et le camp des victimes.
Ce silence de l’élite guinéenne face à ces atrocités est un signe de sa faillite. Lors de son récent séjour dans la ville de Labé, le Premier ministre Kassory Fofana a révélé que le premier lot des jeunes tués, 10 sur 11 des victimes ont été tirées par balles réelles sur le dos, après l’autopsie. Il indique également qu’ils ont été tué en dehors du périmètre des manifestations, et sont tous issus de la même ethnie « Peuhl ».
Une démagogie totale. Dans un pays normal, cet homme et son gouvernement devraient démissionnés, pour n’avoir pas été à la hauteur d’assurer la sécurité des citoyens. Mais comme, les véreux ont perdu la conscience et ont préféré les biens matériels au détriment des êtres humains.
La société guinéenne est tombée dans une fureur, comme a voulu son élite.

 

Mamady Camara pour afriquevision.info
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