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Les enjeux de la mutualisation des infrastructures minières en Guinée

Les grandes compagnies minières, installées en Guinée, ne sont plus les seules sur le terrain de l’exploitation. Depuis 2015, en dépit de leurs moyens financiers limités, plusieurs petites sociétés juniors ont amorcé leur production, même si le manque d’infrastructures limite l’activité de certaines d’entre elles.

L’avènement de la Société minière de Boké (SMB) a bouleversé la vision du secteur minier dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, doté environ du tiers des réserves mondiales connues de bauxite.

Avant 2015, en tenant compte de toute la production de géants comme la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) ou Rouski Alumini, y compris celle entrant dans la transformation en alumine, l’ensemble de la production nationale n’avait jamais dépassé 25 millions de tonnes de bauxite par an.

En 2020, à elle seule, la SMB a exporté plus de 35 millions de tonnes de bauxite.

Ce résultat probant a été bien capté par les détenteurs et exploitants de permis miniers installés dans le « Corridor de Boffa », du nom d’une ville à l’Ouest du pays, à environ 200 km de Conakry.

Ashapura, Kimbo SA, AGB2A et ses partenaires (SD Mining, Axis, etc), notamment, ont lancé leurs activités et, pour certaines,  livré à coûts faibles plusieurs bateaux de bauxites à leurs clients.

Grâce à des investissements globaux d’environ 22 millions de dollars USD, AGB2A a pour le moment réussi à exporter un peu moins de 600.000 tonnes de bauxite, de très bonne qualité (teneur en alumine supérieure à 48%, avec de faibles taux de silice et d’humidité).

Récemment, le dernier minéralier de bauxite, livré par cette compagnie, affiche une teneur en alumine de plus de 50%.

Du côté de Boké, une localité de l’Ouest, à environ 300 km de Conakry, une compagnie comme la Guinéenne des Mines (GDM), a repris le contrôle de tous les segments de son exploitation (extraction, transport, vente) après une brève sous-traitance avec son partenaire, la SMB.

Selon plusieurs experts du secteur minier interrogés par WESTAF MINING, les entreprises juniors doivent absolument remporter la bataille stratégique des infrastructures, impliquant la logistique, les voies d’accès à la mine et les routes pour regagner les ports et d’autres activités connexes qui permettent de minimiser les coûts de production.

Certaines entreprises minières comme AGB2A cherchent à jouer une rôle de leader dans le cadre de la mutualisation en impulsant une dynamique qui permet aux détenteurs de permis, qui n’ont pas un accès direct aux voies d’écoulement, de bénéficier des infrastructures aménagés par les autres partenaires, à moindre coût.

Un des avantages de la mutualisation est en effet lié à la réduction significative des charges des entreprises, estime un haut responsable d’une entreprise minière.

Dans le « Corridor de Boffa », les juniors croisent d’ailleurs les doigts pour que le projet de réalisation de chemin de fer par Eurasian, une autre entreprise voisine.

Eurasian est handicapé par la distance relativement éloignée des ports aménagés le long du fleuve Fatala  mais, en attendant, elle pourrait bien profiter de la mutualisation des infrastructures pour exploiter ses immenses gisements de bauxite, estimés à plus de 2 milliards de tonnes.

« Avec un chemin de fer, les coûts de transport, actuellement estimés à 06 dollars US pourraient chuter à environ 1,5 USD, ce qui représenterait un gain important en terme de rentabilité », fait remarquer une de nos sources.

Une autre compagnie qui pourrait être intéressée par la mutualisation des infrastructures est Monaco Resources Corp qui n’est pas encore arrivée en phase d’exploitation.

En attendant, les entreprises juniors, installées autour de la Fatala, se serrent les coudes pour intégrer durablement le marché impitoyable de la bauxite, matière de base servant à la production d’aluminium.

Ashapura envisage de produire environ 2 millions de tonnes, Kimbo SA environ 5 millions de tonnes et AGB2A 5 millions de tonnes.

Mis ensemble, ce marché local pourrait d’ailleurs rapidement dépasser les 12 millions de tonnes de bauxite, soit quasiment la production de la CBG à ses heures de gloire.

 

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