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Glencore condamnée au paiement d’une amende de 1,5 milliard pour corruption et manipulation des marchés

Le géant suisse de l’extraction minière et du négoce de matières premières était dans le viseur de la justice de plusieurs pays. Après avoir plaidé coupable, Glencore va payer près de 1,5 milliard de dollars pour régler ses litiges.

Le géant des matières premières tourne la page d’une série de litiges avec les autorités américaines, britanniques et brésiliennes, dont certains remontent à une dizaine d’années. Aux Etats-Unis, le groupe, qui opère dans les mines et le négoce de pétrole a plaidé coupable pour corruption et manipulation de marché. Il devrait faire de même au Royaume-Uni.

Le montant de la sanction financière en Grande-Bretagne doit encore être fixé lors d’une audience le mois prochain, mais Glencore a indiqué mardi s’attendre à une amende totale proche du 1,5 milliard de dollars provisionné en début d’année. L’accord passé avec les autorités américaines prévoit aussi la nomination d’un auditeur externe pendant trois ans.

Noms de code

Outre-Atlantique, la société suisse écope d’une amende de 1,1 milliard de dollars pour deux affaires distinctes. L’une concerne un système de pots-de-vin pour obtenir des contrats d’exploitation de pétrole en Amérique latine et en Afrique, l’autre porte sur des manipulations des cours du carburant américain.

Selon les résultats de l’enquête américaine, Glencore n’hésitait pas à verser quelques millions à des agents locaux ou à des intermédiaires pour sécuriser son accès à du pétrole. Le géant est impliqué dans des cas de corruption dans une multitude de pays : Nigeria, Venezuela, République démocratique du Congo, Brésil, Cameroun…

Les pots-de-vin apparaissent comme une pratique courante au sein de la société. Les collaborateurs de la filiale anglaise ont par exemple pu demander par mail 90.000 dollars pour couvrir des frais liés à l’achat de journaux, une façon de demander un bakchich pour sous-évaluer un champ de pétrole. Le destinataire du courrier en question a répondu en assurant qu’il allait « livrer les journaux en mains propres ».

Manipulation de la presse

Les négociants de Glencore ont aussi utilisé leur influence auprès des journalistes de Platts (le principal fournisseur d’indices sur les matières premières) pour orienter les cours du carburant à la hausse ou à la baisse au port de Los Angeles.

Les profits géants des compagnies minières enflamment la Bourse

En octobre 2014, un collaborateur de Glencore demande à un autre de s’assurer de faire baisser les prix sur le marché du soutage, le carburant des bateaux. Celui-ci s’exécute et envoie au reporter de Platts ce texto : « Marché toujours super fragile… demande faible et offre très abondante ». La tonne de fuel passe de 515 dollars à 471,50 dollars en un jour, permettant à Glencore de gonfler ses revenus de 2,1 millions de dollars sur la journée.

5 semaines de profits

Bien que le montant total de 1,5 milliard de dollars constitue l’une des amendes les plus élevées jamais infligées à un acteur du secteur, il ne représente qu’à peine 5 semaines de profits. Glencore, coté à la Bourse de Londres, anticipe un bénéfice net de 17 milliards de dollars en 2022.

De son côté, le groupe assure avoir revu ses pratiques éthiques et de conformité et avoir licencié ou sanctionné certains des salariés impliqués. « Ce type de comportement n’a pas sa place chez Glencore. Le conseil d’administration, l’équipe de direction et moi-même sommes très clairs sur la culture que nous voulons et sur notre engagement à être un opérateur responsable et éthique partout où nous travaillons », a indiqué le directeur général Gary Nagle.

Glencore a été fondé par le sulfureux Marc Rich, l’un des 10 fugitifs les plus recherchés par le FBI jusqu’en 2001, date à laquelle il a été gracié par Bill Clinton. L’homme d’affaires est entre autres connu pour avoir acheté du pétrole aux Ayatollahs iraniens en pleine prise d’otages à l’ambassade américaine en 1979 et avoir revendu ce brut à l’Afrique du Sud de l’apartheid et à Israël, deux pays eux-mêmes boycottés par la République islamique.

 

Par LesEchos

 

 

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