»Une bonne hygiène de vie et un bon équilibre nutritionnel assurent l’énergie de la journée » Assatou Diallo sage femme

L’objectif étant de passer les trois premières années de la vie de son enfant avec brio, nous avons demandé à des sages-femmes à des pédiatres  et à des médecins quelques astuces pour améliorer ses journées et optimiser son énergie. 

Devenir parent induit inévitablement deux éléments : ne plus jamais vivre comme avant, et être fatigué. Souvent,  une fatigue qui nous ferait presque regretter nos vendanges à l’âge de 16 ans. Alors pour éviter de se consumer à petit feu avec son enfant en bas âge, nous avons demandé les conseils de deux sages-femmes et d’un pédiatre. Suivez le guide pour arriver aux 3 ans de votre progéniture avec encore un minimum d’énergie.

Avec un nourrisson

Se nourrir. Inutile de révolutionner son quotidien, commençons par respecter un principe de base : celui de ne pas oublier de manger. «Une bonne hygiène de vie et un bon équilibre nutritionnel  assurent l’énergie de la journée. On ne saute pas de repas, on veille à consommer des fruits et des légumes chaque jour pour bénéficier de leurs vitamines, on limite les viandes rouges et on s’hydrate», précise Docteur Aissatou Diallo, sage-femme désormais médecin à Ignace deen

Allaiter. Loin de nous l’idée de maudire sur trois générations les adeptes du biberon. Reste que l’allaitement permet de favoriser l’endormissement de la mère et de l’enfant. Comment ? «Grâce à la synthétisation des endorphines, les hormones du plaisir. On dort plus facilement et mieux», précise le Dr Rama Bangoura du centre médical Minière.

Dormir quand il dort. Les mères qui se lèvent deux fois par nuit s’apprêtent à rire, certes. Mais justement. Si les nuits sont bancales et que l’on est en congé maternité, il est primordial de profiter du moindre de ses endormissements en journée pour sombrer aussi. À la clé ? La survie. «Il est évidemment plus simple de le faire avec un premier qu’avec un second mais il faut absolument se caler sur le rythme du bébé», confirme Madame Kourouma Aminata, sage-femme. Concernant les nuits, on peut aussi appliquer avec son conjoint la règle du lever une nuit sur deux.

Le masser. Sortir régulièrement son huile d’amande douce pour malaxer sa peau le détendra, soulagera ses douleurs et l’aidera à dormir. «On profite de la sortie du bain le soir pour le diriger lentement vers le sommeil en massant ses bras, son ventre, ses jambes et son dos», précise Marie Louise. Pour optimiser son propre capital détente, on peut aussi utiliser de l’huile essentielle de lavande ou d’orange douce, dans un diffuseur dans sa chambre, une vingtaine de minutes avant le coucher.

Avec un bébé

Utilisez une écharpe de portage pour vous faciliter le quotidien.

Lui ménager des temps libres. Un réflexe primordial, d’abord pour son bien, à neuf mois, il a besoin de se dépenser, de toucher à tout et de construire sa propre autonomie. Ensuite, pour le nôtre. Inutile de rappeler qu’il est indispensable de respirer autre chose que son cou. «On peut mettre son enfant dans un parc que l’on sécurise avec des coussins et des jouets. Ainsi, il joue seul et on peut, pendant ce temps, vaquer à ses occupations», indique le Dr André.

Utiliser une écharpe de portage. «Durant les six premiers mois de l’enfant, nous sommes dans la période cruciale de l’attachement, pendant laquelle le bébé apprend à faire confiance à ses parents. Dans l’idéal, il devrait constamment être dans les bras de la mère, indique le Dr André. Quand on a besoin d’utiliser ses bras, on peut mettre l’enfant dans une écharpe de portage, placée sur le dos ou le ventre de la mère.» Quid des mères qui reprennent le travail avant les six mois de l’enfant ? Le spécialiste recommande de «faire au mieux», et de «profiter au maximum du temps qu’il reste avant la reprise».

Bouger. «La perte de poids et la reprise du sport  contribuent nettement au bien-être de la mère», rappelle Marie Louise. Le seul impératif est d’attendre d’avoir terminé sa rééducation du périnée et d’y aller progressivement pour éviter les risques de blessures. On peut commencer par marcher le plus possible avec bébé et prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur. On optera ensuite pour des sports doux comme la marche, le yoga, le pilates ou la natation. On évite les sports d’impact et on ne porte pas de charge lourde.

S’aérer à l’extérieur avec l’enfant. «Changer son environnement et prendre l’air est aussi bon pour le bien-être de la mère que pour celui de l’enfant. Les bébés sont moins malades quand ils sortent», souligne dr André. Selon le professionnel, le seul endroit à fuir reste les centres commerciaux, véritables nids à microbes.

Jusqu’aux 3 ans de l’enfant

Ne pas porter un enfant qui est censé marcher

Arrêter de vouloir tout prévenir. Il tombe en descendant le toboggan en arrière ? Tant pis. «De plus en plus de parents veulent constamment éviter tout danger. Cela les fatigue et empêche les petits de vivre. Laissons-les jouer dans l’aire de jeux et installons-nous plutôt sur un banc avec un livre», conseille le Dr Dramé de Ratoma. Pour le professionnel, les laisser «prendre des risques» participe à l’apprentissage de l’autonomie motrice. «Voici pourquoi il faut réduire l’utilisation de la poussette le plus possible et ne pas porter un enfant qui est censé marcher», ajoute-t-il.

Ne pas avoir mauvaise conscience quand on travaille. Inutile de se flageller à coups de biberons parce qu’on ne voit son enfant qu’en rentrant le soir. Pour le Dr André, on assiste ici à une fatigue psychique aux conséquences problématiques : les parents deviennent plus laxistes et l’enfant en profite. «Beaucoup se disent « je travaille et le vois peu, si je le dispute et lui apprends la frustration en rentrant il ne m’aimera plus ». C’est faux. L’enfant aimera encore davantage ses parents s’ils lui imposent un cadre», explique le médecin.

Arrêter de monter le son de sa voix en fin de phrase. Selon le pédiatre, l’acte est extrêmement fréquent mais les parents en prennent rarement conscience. Sauf qu’en haussant de son de sa voix lorsqu’on lui dit «On va mettre tes chaussettes», l’enfant entend qu’on lui pose la question et qu’on lui laisse le choix, au lieu d’entendre une affirmation.

Veiller à sa propre réaction face à un caprice. Le pédiatre le rappelle : «Un bébé qui pleure pour être dans les bras de ses parents est normal. Un enfant qui se roule par terre et pleure peut être normal à condition que la crise soit bien gérée. C’est la réaction parentale qui renforce le comportement non souhaitable de l’enfant.»

 

Idiatou Diallo pour afriquevision.info

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