Soudain, voici François soudant des dents

Il y a de ces claques qu’on reçoit parfois, on a l’impression que notre joue va se déchirer, que notre mâchoire va se désarticuler, que nos dents vont sauter. Une ces claques qui claque comme un fouet sur le dos d’un âne bâté pour le faire avancer. Une de ces gifles dont on aurait pu se passer, au regard des dégâts qu’elle a pu causer. 

C’est une de celles-ci qu’un certain (con) frère tordu à la plume vendue vient de récolter. Après avoir insulté les sacrifices et la résistance des jeunes de l’Axe, manqué d’humilité pour reconnaître sa forfaiture, ce journaleux des palais huppés des dictatures africaines vient de recevoir un droit de réponse plutôt bien salé. La colère que le peuple a ravalée jusque-là commence à se révéler.

Ce qu’on disait être l’affaire d’une seule commune vient d’exploser. Ce qui apparaissait comme une indifférence vient de briser le silence en pleine journée. Nous attendons, avec impatience, que le pote d’Alpha Condé nous ponde un nouveau papier prouvant qu’il peut être équilibré, comme tout professionnel le serait. Parce que dorénavant, en plus de la « République de Ratoma » qu’il a inventée, celle-ci s’est scindée mardi dernier pour donner la « République Hamdallaye-concasseur-Bambéto » et la « République Enco5-Sonfonia ». À celles-ci, il faut ajouter la « République Bonfi-Gbessia-Aéroport » qui ferait sécession dans la commune de Matam et enfin la « République de Kaloum ».

Comme on le voit, soudain, plus de républiques se sont dévoilées ces derniers temps. Portant à bout de bras l’hymne de la contestation d’une gouvernance en pleine décrépitude. Camouflet pour l’ami qui avait cru que seul l’Axe était outré par la confiscation de nos richesses, de nos libertés, par un petit clan de kleptocrates. La grogne était souterraine. Comme souvent c’est le cas, elle prend un peu de temps pour exploser. Mais lorsque la gaine et les entraves liberticides se déchirent, c’est un déluge qui balaie toutes les saletés qui lui obstruent le chemin.

Alors, dites à ce cher « bel ami des présidents africains » que les républiques se multiplient au pays de son copain. Nul besoin d’être devin, pour annoncer que du côté de Conakry enfin, le pouvoir qui traite le peuple avec dédain, entame son déclin. Et ce ne sont pas les promesses de changement de gouvernement qui y changeront quelque chose. Surtout si ces pseudos engagements viennent d’un roitelet qui n’a jamais respecté une seule de ses paroles. En attendant, les femmes, leurs promesses à elles ne sont pas paraboles. Elles, quand elles se fâchent, elles se lâchent. Elles n’ont pas le temps de jouer à cache-cache. Elles ne sont pas lâches. Quand elles commencent une tâche, elles ne lâchent pas prises. À un con entendeur, tant pis !

 

Avec ce qui s’est passé et ce qui est annoncé, les choses se compliquent pour le locataire de Sékhoutouréya. Mais comme c’est souvent le cas, il cherche à gagner du temps pour trouver une voie. Une acrobatie qui ferait pâlir n’importe quel gymnaste. C’est le moment que son ami devrait, non pas écrire un papelard qui ne maitrise pas les angles de la crise, c’est le moment dis-je, de lui filer quelques conseils avisés. Pas du genre du discours creux et vaseux qu’on entendu il y a quelques jours.

Lorsque tous les Guinéens attendaient qu’il nous dise qu’il posait le fardeau que le peule lui a confié, parce qu’il n’est plus de taille à le porter, l’ancêtre nous sert sa soupe soporifique et déphasée. C’est dans ces moments-là que l’ami à la tête d’un journal (même si celui-ci est n’est plus crédible), pourrait interpeller par un article inspiré. Dire à son camarade que s’il n’a rien dire, il vaut qu’il se taise. À quoi  ça sert de gaspiller de salive, casser du tympan, faire perdre du temps aux bonnes gens devant leurs téloches, faire tout un cinoche, si c’est pour tenter de nous rouler une infecte galoche.

Ils viennent de partout les reproches. La perte d’un pouvoir incompétent est proche. Reste à savoir si elle sera belle ou moche. Si elle frappera en plein cœur ou si elle ratera le coche.

De gauche à droite, aux quatre points cardinaux, les slogans et les bruits se sont élevés de partout. À chaque coin de Conakry, chacun du tout a réclamé un bout : ici, les mères de familles veulent l’affirmation de la justice et la fin de l’impunité pour leurs enfants assassinés ; là-bas, des femmes et des jeunes crient leurs colères parce que depuis des semaines les élèves ne vont pas à l’école ; d’un côté, les enseignants demandent de meilleures conditions de travail ; de l’autre, l’opposition, munie de preuves tangibles, exige d’être rétablie dans ses droits.

Et hier jeudi, c’est le syndicat des banques et assurances qui veut entrer dans la danse, parce que la musique a quelque de chose de légitime, de remuant, de démangeant pour les pieds. Voilà donc coups de poings, uppercuts, crochets de droite, de gauche, que le fama reçoit de tous côtés. Son ami à la plume trempée de corruption, reçoit, en même temps, claques qui écorchent des joues, démontent des mâchoires, arrachent des dents. Alors, pour espérer continuer à sourire, il n’a pas d’autre choix que de passer chez le dentiste qui aura charge de lui souder les dents ; ou à défaut lui trouver un dentier. Ah, cette République de Guinée unie, qu’est-ce que je l’aime, quand elle fout une déculottée à un petit prétentieux !

 

Souleymane Thiâ’nguel BAH

Secrétaire National à l’Information et à la Communication de  l’UFDG

Coordonnateur de la Cellule de Communication