Non à la Togonisation de la démocratie en Guinée !

Ce qui s’est passé au Togo doit interpeller plus d’un guinéen. Le Président guinéen était le médiateur de la crise qui a secoué ce pays de la CEDEAO. Cette médiation s’est soldée par une révision constitutionnelle qui permet à l’actuel Président, alors en fin de mandats, d’être candidat en 2020 et en 2025.

Malgré le boycott des députés de l’opposition, la révision a été validée. Il faut que les démocrates de notre pays mesurent la portée de la solution du Président guinéen accordée au peuple frère du Togo à un moment où ce peuple comptait s’inscrire résolument et définitivement dans la démocratie en la nourrissant par sa substance qui est l’alternance politique démocratique.

C’est ce rêve qui vient d’être brisé et ce, par le concours de celui qui nous gouverne par le fait de sa méditation. Le contexte actuel guinéen est semblable à celui que le peuple togolais a connu il y’a quelques temps. La Guinée démocratique est possible et cela en tirant les leçons des différents échecs de la marche démocratique de certains pays comme le Togo.

La Guinée démocratique est possible si les démocrates guinéens acceptent de se donner davantage les mains et apprécient les armes à disposition de l’adversaire pour développer leurs stratégies en s’appuyant inéluctablement des expériences antérieures de lutte démocratique dans notre pays et d’ailleurs.

Et  qu’il a servi ailleurs reste la denrée qu’il compte nous servir. Voilà pourquoi il faut s’y opposer catégoriquement car si la constitution est touchée, le peuple de Guinée pourrait dire au revoir à la démocratie.

En somme, voilà ce que la médiation d’Alpha Condé a pu apporter au peuple Togolais : Les députés togolais ont voté mercredi soir une révision constitutionnelle prévoyant la limitation du nombre de mandats présidentiels, mais qui permet à l’actuel président Faure Gnassingbé de se représenter aux deux prochains scrutins, en 2020 et 2025.

Il faut agir pour éviter de telle chose à la Guinée : cela nécessite l’implication sans concession de la société civile et aussi de la presse qui, elle-même, est un constituant de la démocratie. La presse ne saurait se taire quand ce qui l’a vu naître est en train d’être bafoué. L’accepter c’est préparer sa propre mort.

 

Fodé BALDE

Homme politique guinéen

La Guinée d’abord