Guinéennes, s’il vous plait, prenez de la hauteur !

Vous êtes 50% de la population mondiale, un peu plus de celle guinéenne. Vous êtes beauté, splendeur, valeur. Bref, le début et la fin de tout.

Mais, vous êtes de moins en moins cotées à la bourse des valeurs de nomination dans la haute sphère de l’administration publique, de positionnement sur la liste des partis politiques, donc peu nombreuses au parlement, des postes de premier plan dans le secteur privé.

Vous êtes abusées, harcelées, martyrisées et manipulées. Vous êtes victimes qui deviennent par la suite accusées pour des infractions dont vous êtes pourtant sujettes.

S’il vous plait, guinéennes, réveillez-vous et prenez de la hauteur !

Vous, qui vous levez tous les matins, avant l’aurore, travaillez, plutôt, trimez, vivez, en somme, une vie laborieuse, miséreuse. Vous, qui ne vous couchez tous les soirs qu’après s’être rassurées, que très globalement, vos ‘’poussins’’, auront eu quelques graines à avaler et, que par ailleurs, le gros ‘’coq’’ aura eu droit à tous les soins dus à son rang de chef de la basse-cour.

Vous, qui aimez en vrai, sans qu’on ne vous le rende en toute réciprocité, vous qui pleurez à la vue de la moindre égratignure sur votre progéniture, vous qui n’avez point besoin de porte-paroles pour crier votre joie et vos larmes. Non ! Vous ne devriez pas ! Vous n’avez pas besoin de ça.  Pas du tout !

Le sentiment national, la fibre patriotique, et même le sens démocratique, vous en défendent. Absolument !

Vous n’avez pas besoin que de marchands d’illusions, ceux qui respirent politique, se couchent politique et se réveillent avec, vous indiquent la voie à suivre. Celle mensongère, chimérique.

Mafori Bangoura, Lofo Camara, Jeanne Martin Cissé, que je sais-je encore, se réveilleraient dans leurs tombent pour vous rétorquer que, comme à leurs époques, vous avez plutôt besoin de visionnaires, d’ambitieuses… Dieu seul sait que vous en disposez à satiété en votre sein. Oui ! D’ambitieuses, qui vous serviriez, qui seraient là, pour la juste et bonne cause. Non pas pour elles et leurs seules causes. Celles égoïstes, egocentriques, nombrilistes…

Guinéennes, vous êtes beauté, splendeur, lumière qui éclaire, comme le soleil ou la lune, le destin de votre descendance. Pas seulement !

Vous êtes diversité, car plurielle, venant de la Basse, Haute, Moyenne et de la Guinée forestière. Donc, dotée d’une valeur commune.

Alors, cette diversité culturelle et civilisationnelle, a donc besoin qu’on la raconte sous toutes les formes littéraires. En prose, tout comme en poésie, pour enlever des nuages de poussière sur des égéries des pionnières, des activistes, féministes jusqu’à la lie.

En votre sein, il y a des conteuses, écrivaines, poétesses, journalistes, ingénieures, enseignantes, des premières dames, des cheffes d’Etat et de gouvernement. Qui ont besoin qu’on les raconte, qu’on expose au grand public et, devant public, leurs hauts faits, faits d’armes, qui ne manquent pas.

Celles d’entre vous qui montent des projets, se distinguent au sein de l’intelligentsia guinéenne, mais aussi et surtout de la Guinée d’en bas.

Non, je refuse de croire que vous avez perdu votre charme, votre valeur…à travers lesquels, même riant, dansant, s’amusant, vous disposez de la force, de l’énergie dont vous seules, avez le secret, vous permettant de résister aux contemplations. Que dis-je, aux tentations, voire même aux manipulations. De tout genre !

Guinéennes, je refuse véhément qu’on continue de reprendre à votre sujet la pensée, ô combien réductrice, de Montesquieu, quand le philosophe français s’adressait aux noirs. Je paraphrase : « ceux-là dont il s’agit, sont noirs des pieds à la tête. Ceux qui n’ont ni peint, ni sculpté, ni chanté, des danseurs encore … ».

Guinéennes, montrez et démontez, en définitive, que même s’il est établi que le champ des possibles est vaste, ce qui est possible ailleurs, ne l’est forcément pas ici.

Au risque de vous voir un jour, impuissantes, installées au banc des accusées. Devant l’Histoire.

Alors, chères guinéennes, s’il vous plait, prenez de la hauteur !

 

Par Youssouf DIALLO