Face à la chute des cours, GLENCORE suspend l’exploitation de la plus grosse mine de Cobalt au monde

Le cobalt a abandonné près de 75% de sa valeur en un peu plus d’un an

(BFM Bourse) – Confronté à une chute des cours de tous les grands métaux de référence, et notamment à celui du cobalt, le spécialiste suisse du négoce et de l’exploitation minière a décidé de suspendre la production dans sa mine de Mutanda, en RDC, après avoir vu son bénéfice net être divisé par deux sur les six premiers mois de l’année.

Le géant suisse du négoce des matières premières va suspendre la production dans sa mine de cobalt de Mutanda, en République démocratique du Congo (RDC), face à la chute des cours de métaux qui ont plombé ses résultats du premier semestre. Le groupe va par ailleurs organiser, d’ici la fin de l’année, une période de transition pour une phase « temporaire » de réparations et d’opérations de maintenance dans cette mine, la plus importante au monde pour la production de cobalt. À elle seule, la RDC a d’ailleurs fourni 72% de la production mondiale en 2018, selon le rapport annuel des analyses de Darton Commodities, spécialiste des échanges de cobalt.

Basé à Baar, dans le canton suisse de Zoug, le groupe spécialisé dans le négoce, le courtage et l’extraction de matières premières va continuer à évaluer ses activités dans cette mine, a-t-il indiqué mercredi dans un communiqué détaillant ses chiffres semestriels, précisant que la production « recommencera lorsque les conditions économiques se seront suffisamment améliorées ».

Avec la chute des cours, mais aussi avec l’inflation des coûts et les taxes plus élevées, l’exploitation de cette mine n’est pas rentable au cours actuel du cobalt, a expliqué le groupe lors d’une présentation pour justifier sa décision.

Utilisé dans les batteries de téléphones portables et de véhicules électriques, ce métal rare avait connu une poussée de fièvre, s’échangeant jusqu’à 95.000 dollars la tonne en mars 2018, avant que son cours se retourne brusquement. Confronté à une offre excédentaire, son prix a chuté en moyenne de 58% sur les six premiers mois de 2019, a précisé Glencore, entraînant une lourde perte de 350 millions de dollars dans ses activités de négoce.

Au premier semestre, le groupe helvète a vu son bénéfice net dégringoler de 92%, à 226 millions de dollars (201 millions d’euros) dans un contexte de baisse généralisée des cours des métaux. Le groupe a de surcroît comptabilisé près de 900 millions de dollars de dépréciations sur des actifs pétroliers au Tchad ainsi que des mines de cuivre en Afrique, dont 300 millions sur la mine de Mutanda.

Tensions sur tous les métaux

« Notre performance sur la première moitié (de l’année) est le reflet d’un environnement économique difficile », a déclaré son directeur général, Ivan Glasenberg, cité dans le communiqué. Les tensions autour des échanges internationaux, la force du dollar mais aussi les taux d’intérêt ont pesé sur les cours des matières premières face aux craintes sur les tarifs douaniers et leurs possibles répercussions sur la production manufacturière, a-t-il expliqué dans sa présentation des comptes semestriels.

Tous les grands métaux de référence du groupe se sont inscrits en baisse durant le semestre, le cuivre chutant en moyenne de 11%, le zinc se repliant de 16%, tandis que le plomb et le nickel ont perdu respectivement 20% et 11%, a-t-il détaillé.

« Nos activités de cuivre en Afrique n’ont pas atteint la performance opérationnelle attendue », a également reconnu le patron de Glencore, soulignant que le groupe a procédé à des remaniements de ses équipes dirigeantes dans ses mines de Katanga, également en RDC, et de Mopani, en Zambie, pour redresser ses activités.

À la clôture, jeudi, l’action Glencore -cotée à Londres- cédait 2,2%% à 222,25 pence alors que le FTSE100, l’indice de référence de la Bourse, bouclait pour sa part la séance sur une hausse de 0,4%.

Le cobalt au plus bas depuis 3 ans

« La forte exposition aux métaux industriels signifie que l’état fragile de l’économie exerce toutes sortes de pressions » sur Glencore, ont réagi les analystes de la société de courtage londonienne AJ Bell, dans un commentaire de marché. Le cobalt avait vu ses cours s’envoler avec l’essor des véhicules électriques, encourageant l’extraction au point que la production a fini par dépasser la demande et créer d’importants surplus. La forte demande anticipée grâce aux constructeurs automobiles avait également encouragé la spéculation sur le cobalt, perçu par les investisseurs comme un des grands actifs financiers de la révolution verte. Mais fin juillet, le cours du cobalt était retombé à 26.000 dollars la tonne, soit son plus bas niveau en trois ans. Depuis son plus haut touché en mars 2018, le cours du cobalt a donc fondu de près de 72,6%.

 

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