Dix décisions majeures dans le pétrole et le gaz africains

La 26ème édition d’Africa Oil Week (AOW) s’est achevée  vendredi 8 novembre à Cap Town, en Afrique du Sud. La rencontre qui a réuni les principaux acteurs du secteur pétro-gazier africain a été émaillée d’une série de décisions, donnant un aperçu des brûlants dossiers de l’actualité des hydrocarbures pour l’Afrique en 2020. La Tribune Afrique revient sur 10 moments forts d’AOW 2019.

L’édition 2019 d’Africa Oil Week (AOW) a tenu toute sa promesse. La rencontre du 4 au 8 novembre 2018 à Cap Town en Afrique du Sud a réuni une vingtaine de ministres, près 150 décideurs et investisseurs principalement du secteur des hydrocarbures. Au total, plus de 1800 délégués, spécialistes du pétrole, du gaz et de l’énergie d’Afrique et de plusieurs régions du monde ont répondu présents. La 26éme édition a été marquée par des déclarations de ministres africains sur leurs politiques pétrolières et gazières ainsi que celles d’entreprises sur des dossiers stratégiques. La Tribune Afrique a relevé une dizaines d’annonces d’envergures qui vont marquer le secteur pétrolier et gazier de l’Afrique en 2020, à commencer par l’Afrique du Sud, pays organisateur.

En Afrique du Sud, le français Total a annoncé le forage d’un autre puits d’exploration offshore début 2020 dans le bloc 11B /12B. Plus tôt cette année, Total a foré un puits au large des côtes sud du pays d’Afrique Australe, une découverte en mer qui pourrait contenir 1 milliard de barils de ressources. Le groupe entend ainsi poursuivre le forage de ses prospects de Brulpadda dans le bassin d’Outeniqua, selon les informations de Reuters. L’Afrique du Sud où la société nationale des hydrocarbures PetroSA envisage un partenariat avec la Russie pour un contrat de 359 millions de dollars,avec la société géologique russe Rosgeologia (Rosgeo).

Au Nigeria, la multinationale française Total a aussi fait état de la cession d’une participation de 12,5% dans Oil Mining Lease (OML) 118, un gisement situé à environ 120 km aux larges du Delta. Le montant de ces actifs a été évalué à 750 millions de dollars. La vente s’inscrit dans le cadre du projet Total 2020 qui consiste à séparer des actifs d’une valeur de 5 milliards de dollars dans le monde et d’en acquérir de nouveaux.

Pour le Mozambique, Total envisage d’étendre son projet de gaz naturel liquéfié (GNL) avec deux trains supplémentaires, pour faciliter le transport du gaz, a déclaré Mike Sangster, responsable des explorations et de la production de Total au Nigeria, lors de cette conférence sur le pétrole au Cap, en Afrique du Sud. La société pétrolière a aussi réitéré son intention de clôturer l’acquisition des actifs d’Anadarko au Ghana et en Algérie au cours du premier trimestre 2020.

La Côte d’Ivoire a par ailleurs lancé un appel d’offre pour 5 blocs pétroliers à Africa Oil Week 2019. Il s’agit des blocs CI-800 ; CI-801 ; CI-802 ; CI-102 ; CI-503. Voulant rassurer les investisseurs potentiels, la délégation ivoirienne, présidée par le ministre ivoirien de l’énergie et des énergies renouvelables, Abdourhamane Cissé, est revenue sur les réformes instituées au cours des 5 dernières années à savoir l’aménagement du Code Pétrolier de 1996 et la révision des Contrats de Partage de Production (CPP).

Le Sénégal a annoncé lors du sommet d’AOW 2019, un appel d’offres pour 12 blocs pétroliers et gaziers offshores. La phase juridique du cycle des licences devrait être clôturée fin janvier 2020. Les sociétés pétrolières ont la possibilité d’évaluer le potentiel des blocs du février au 31 juillet. Le Sénégal qui devrait entamer sa production gazière à partir de 2023 a d’importantes réserves de pétrole et de gaz évaluées par le FMI à 1 milliard de barils de pétrole et à 40 000 milliards de pieds cubes de gaz sur la période 2014-2017.

Pour la République démocratique du Congo (RDC), le Ministre des Hydrocarbures Congolais, Rubens Muhima, a annoncé le lancement des appels d’offres avant la fin de l’année pour l’exploration pétrolière et gazière. Pour convaincre les investisseurs potentiels, lors d’Afrique Oil Week 2019, le pays met en exergue le changement de régime politique avec la succession de Felix Tshisekedi à Joseph Kabila à la tête de la RDC.

L’Angola a déclaré en marge de la semaine africaine du pétrole et du gaz avoir formé un consortium avec cinq sociétés pétrolières internationales, dont Eni et Chevron, afin de développer le gaz naturel liquéfié (GNL) de son usine de Soyo. L’information relayée par l’agence pétrolière et gazière (ANGP) angolaise évoque un projet dirigé par Eni, au coût initial de 2 milliards de dollars, avec pour objectif de commencer la production en 2022.

Le ministre ougandais de l’Energie, Irene Muloni, a lors de la rencontre lancé un appel d’offres sur cinq blocs pétroliers. Le pays qui attend actuellement une décision d’investissement finale pour la construction d’un pipeline d’exportation de pétrole à travers la Tanzanie voisine par les entreprises impliquées, se dit confiant.

La Somalie a révélé son intention de présenter ses plans en décembre pour son premier cycle d’octroi de licences de pétrole et de gaz en 2020, selon le ministre du pétrole et des ressources minérales du pays Abdirashid Mohamed Ahmed, lors d’AOW. Le pays en proie à une instabilité politique chronique prévoit d’adopter un nouveau code des hydrocarbures d’ici la fin de l’année, avant de présenter une quinzaine de blocs pétroliers aux investisseurs.

En Guinée équatoriale, la compagnie pétrolière italienne Saipem a remporté un contrat de 90 à 100 millions de dollars pour la construction d’un pipeline sous-marin, a annoncé le ministre du pétrole équato-guinéen Gabriel Obiang Lima, dans un communiqué. L’ouvrage long de 70 km devrait relier la plate-forme d’Alen au pôle pétrochimique de Punta Europa et les premières livraisons du gaz exploité par Noble Energy, sont attendues début 2021. Le gazoduc desservira les gisements de gaz offshore et aura une capacité de 950 millions de pieds cubes de gaz par jour, a annoncé Malabo, lors de la semaine des hydrocarbures du 4 au 8 novembre à Cap Town en Afrique du Sud.

 

Par Afrique la Tribune