Corruption dans les blocs 1 et 2 de Simandou : Beny Steinmetz pourrait écoper une lourde peine

Le dossier rocambolesque des blocs 1 et 2 du gisement de fer guinéen « Simandou », dont le milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz a acquis dans des conditions garnies de corruption sous le règne de l’ex  président général Lansana Conté revient sur la scène. 

Le richissime homme d’affaire sera jugé en Suisse pour avoir se trempé dans la marre de corruption. L’affaire est relancée par la juridiction avec un nouvel épisode.

L’ami de l’ancien président français Nicolas Sarkozy reste toujours dans le collimateur de la justice Suisse.  Selon l’acte d’accusation, environ 10 millions de dollars de pots-de-vin auraient été versés dans le cadre de l’acquisition de permis miniers en Guinée, dont Mamadi Touré, l’épouse du président d’alors qui vit aux Etats-Unis  avait perçue  ladite  rançon.

Le gisement de fer qui est au sud  de la Guinée constitue l’une des plus grandes réserves mondiale de cette catégorie de minerai inexploitée. Mais la  république de Guinée, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, dont la corruption est devenue un fléau depuis plusieurs décennies n’arrive pas à sortir au bout tunnel avec un sous-sol hyper riche en ressources naturelles. Le pays  devait être l’eldorado du milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz. En 2008, la firme Beny Steinmetz Group Resources (BSGR) y avait acquis, dans des conditions troubles, des permis miniers  sur la plus importante réserve de fer inexploitée au monde : le projet Simandou.

Mais après six ans d’instruction et plusieurs dizaines de commissions rogatoires en Israël et aux Etats-Unis, la justice suisse a annoncé, lundi 12 août, le dépôt de l’acte d’accusation et officialisé sa décision de renvoyer Beny Steinmetz, 63 ans, et deux autres coaccusés, dont le Français Frédéric Cilins, devant le tribunal correctionnel de Genève. Pour la première fois de son histoire, la Suisse s’apprête à juger un responsable présumé d’un réseau de corruption internationale.

Beny Steinmetz, magnat du diamant qui a un temps résidé à Genève, est notamment accusé de « corruption d’agent public » et de « faux dans les titres » pour dissimuler auprès des banques et des autorités le versement de commissions illégales. L’enquête suisse porte sur les conditions d’obtention des permis miniers sur les blocs 1 et 2 de Simandou, qui renferme plusieurs dizaines ou, plus probablement, plusieurs centaines de milliards de dollars de fer, toujours inexploité à ce jour. Selon le ministère public, « les sommes versées à titre de pot-de-vin s’élèvent, selon l’acte d’accusation, à environ 10 millions de dollars », soit près de 9 millions d’euros.

La première dame, principale bénéficiaire  avait d’ailleurs été citée  par les révélations de panama pepers

Cette montagne verdoyante est située dans la partie forestière enclavée du sud de la Guinée, dirigée de 1984 à sa mort, en décembre 2008, par l’autocrate Lansana Conté. BSGR s’installe dans le pays en 2005, crée une filiale, BSGR Guinea, et charge le Français Fréderic Cilins de le représenter et de faciliter les accès aux responsables guinéens. Les permis convoités sur Simandou sont alors détenus par le géant anglo-australien Rio Tinto, sollicité dans les années 1990 par le gouvernement guinéen, désireux de valoriser son potentiel minier. BSGR n’en a cure et veut mettre la main sur les blocs 1 et 2 de Simandou.

Malgré le règlement à l’amiable avec  la Guinée en mars 2019, par la médiation de Sarkozy, après huit ans de procès, le patron du géant minier pourrait écoper une peine de 10 ans d’emprisonnement, a indiqué nos sources.

 

Mamadou Diallo pour afriquevision.info

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