Alpha Condé répond à Macron sur son opposition au troisième mandat en Guinée

C’est désormais la guerre diplomatique qui se dessine entre la République de Guinée et la France. Suite à la sortie médiatique du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian qui s’exprimait devant  la commission des affaires étrangères à Paris ce mercredi 16 janvier 2020, où il a annoncé l’opposition de son pays au  projet de nouvelle constitution en Guinée, qui vise à favoriser Alpha Condé de s’éterniser au pouvoir.

Le patron du Quai d’Orsay a indiqué que  « C’est la situation la plus sensible aujourd’hui (dans la région) et l’engagement du président Alpha Condé à demander une réforme de la Constitution ne nous paraît pas être obligatoirement partagé ni par sa population ni par ses voisins », a lancé le Chef de la diplomatie française.

Visiblement offusqué par cette réaction, le régime de Conakry n’a pas tardé à rétorquer ce vendredi 17 janvier à la télévision nationale. Par la voix du ministre des Affaires étrangères Mamadi Touré le pouvoir indique que la Guinée est suffisamment souveraine pour prendre n’importe quelle décision ou initiative pour son émancipation.

Pour celui qui incarne la diplomatie guinéenne, son pays est toujours dans la conformité de la volonté des populations des autres nations. « La République de Guinée, respectueuse de la souveraineté de tous les États, reconnaît le droit de tous les peuples du monde de faire le choix de leur avenir et de décider de leur destin. Tout comme ouverte aux débats et à la contradiction propre à la démocratie, la Guinée reconnaît à chacun de ses citoyens et à d’autres le droit et la liberté de donner leurs points de vue sur n’importe quel sujet qui ne peut faire l’unanimité dans aucun pays et dans aucune société démocratique », a-t-il bougonné

Mais la réalité du terrain prouve que le pouvoir guinéen est dans une posture de forcing et d’imposition dans le but de faire passer sa nouvelle constitution au futur parlement, dont les élections législatives sont prévues le 16 février prochain. Dans ce processus l’exécutif entend s’offrir une majorité écrasante en se livrant à la fraude massive, une méthode  d’ailleurs comprise par l’opposition qui a boycotté le scrutin. C’est le début d’une lèpre politico-diplomatique et sociale dans ce pays qui est en proie à des violences meurtrières depuis plusieurs mois.

 

Karaiba Diaby pour afriquevision.info

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