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Affaire gisement de fer de  Simandou : Alpha Condé se fait rattraper par l’argent de Rio Tinto

Tribune. A deux mois de la fin de son dernier mandat, le chef de l’Etat fait face à ce qui pourrait être l’un des gros scandales de sa gouvernance. Une gouvernance marquée par un net recul de la démocratie et de la moralisation des affaires publiques.

Tout a commencé en avril 2011. Lorsque sourire aux lèvres, le président brandit une enveloppe d’au moins 700 millions de dollars américain comme un trophée de guerre. Cependant, neuf ans après, le locataire du Palais Sékhoutouréyah n’a toujours pas convaincu l’opinion de la direction qu’a prise cet argent. D’ailleurs, depuis fin juillet 2020, des révélations dans la presse font craindre une malversation financière.

Elu en 2010, dans des conditions très controversées, le président Condé nous avait dit avoir hérité d’un « pays, non un Etat ». Cette déclaration d’impuissance face aux défis de bonne gouvernance et du développement est propre aux dirigeants moins inspirés. C’est pourquoi, depuis son accession au pouvoir, il a du mal à tolérer les critiques de son opposition. Et il a également le complexe de tenir compte des observations, qui aideraient améliorer sa gouvernance et avoir ainsi des conséquences positives sur les conditions de vie des populations.

A propos des doutes qui pèsent sur la gestion discutable des 700 millions de dollars américain payés par le géant minier Rio-Tinto, le président Alpha Condé, lui-même ne semble pas avoir tout dit. En juillet 2016, un peu plus de cinq ans après le paiement, il avait tenté de justifier ce qu’il a fait de cet argent. « A mon arrivée, la compagnie Rio-Tinto avait un contrat avec Chinalco. Je leur ai dit, si quelqu’un veut vendre une de ces concessions, il a le devoir de le faire savoir au Gouvernement. C’est ainsi, je leur ai demandé de payer une amende de 700 millions de dollars. Quand ils ont payé, j’y ai pris 125 millions pour entamer le barrage de Kaleta. Les 120 autres millions, nous avons commandé des groupes, au moment venu vous saurez la vérité (…) » Seulement, aucune structure officielle à commencer par le ministère des finances, la banque centrale et aucune institution internationale, y compris le fonds monétaire internationale (FMI) ne sont à mesure de nous dire avec certitude ce qui a été fait de cet argent.

Toutefois, un média français, le journal Libération soutient que : « le total des dépenses attribuées au ‘’ fonds Rio Tinto ‘’ dans les lois de finances atteint en réalité, au maximum, 580 millions de dollars. Restent environ 120 millions dont la trace s’est volatilisée. » Où est donc passé cet argent ? bien malin qui nous le dira !

Quoi qu’il en soit, il est triste de constater qu’en dépit de ce scandale, de nombreux montants destinés à la base à des services publics sont introuvables. Personne au sein des institutions compétentes, même pas monsieur Alpha Condé ne montre une volonté politique réelle de combattre la corruption et l’enrichissement illicite de certains commis de l’Etat pour lesquels, on a l’impression que, l’impunité est garantie moyennant leur engagement politique en faveur d’un dirigeant, qui cherche désespérément à confisquer le pouvoir.

Au vu des graves dysfonctionnements que nous connaissons, les Guinéen-ne-s doivent prendre conscience sur la nécessité, et même l’urgence pour nous de ne pas accepter à vivre comme des citoyens, qui sont condamnés dans un pays sans infrastructures de bases. Nous manquons d’eau, d’électricité, de bonnes routes, d’hôpitaux qui répondent aux normes, d’écoles pour garantir l’avenir des enfants. Nous manquons de tout sauf des dirigeants, qui s’arment pour réprimer toute opposition à leur mauvaise gouvernance. Pourquoi ?

 

Par Mariama Ciré BARRY

Membre du bureau exécutif  de l’UFDG

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